Sécurité pendant l’Euro 2016 , rien ne doit être laissé au hasard

Sécurité pendant l'Euro 2016 , rien ne doit être laissé au hasard

Il a beau afficher «
le calme des vieilles troupes
», le préfet de région Michel Lalande ne perd pas de vue l’enjeu, un rien écrasant, de cet Euro 2016 à Lille et Lens. Entouré des patrons des polices du Nord et du Pas-de-Calais, des procureurs de Béthune et Lille, des responsables des pompiers et du SAMU 59-62, Michel Lalande, préfet de région, s’est fait solennel : «
Nous écrivons l’histoire. Les yeux du monde vont converger vers la France. Il nous faut ne rater ce rendez-vous sous aucun prétexte. Rien ne le justifierait.
»

Les mots de la feuille de route sont ciselés au millimètre, l’obligation de résultat clairement posée. Directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve pendant la vague d’attentats de janvier et novembre 2015, le préfet le sait parfaitement : rien, absolument rien, ne doit être laissé au hasard. Car pour cet Euro, le préfet l’assure, «
le risque terroriste est particulièrement élevé, même s’il n’y a pas de menace précise, sur un objectif déterminé
».

Gérer les afflux de supporters

Dans ces conditions, pas question pour l’État de voir se reproduire à Lille ou Lens le fiasco du Stade de France, fin mai, quand des supporters avaient pu rentrer dans l’enceinte avec fumigènes et pétards. La préfecture assure avoir beaucoup travaillé depuis, pour gérer les afflux de supporters. «
On va leur dire d’arriver très en avance au stade, à 18 h 30 au plus tard pour un match à 21 h. Il y aura un préfiltrage en amont
», garantit-on. Moyennant quoi la plupart des policiers de la région ont remis à plus tard leurs jours de congé.

Pas question non plus de revivre le traumatisme de juin 98, quand le gendarme Nivel avait été agressé à Lens par un supporter allemand. «
J’ai déjà pris près de 2 000 mesures d’interdiction de territoire pour des individus étrangers connus pour leur violence
», indique Michel Lalande. Et au cas où le message n’aurait pas été compris, les autorités judiciaires en remettent une louche. Ce sera tolérance zéro, avec l’interdiction de stade pour l’ensemble de la compétition comme sanction de base. «
Nous ne tolérerons aucun écart. Les faits de violence feront systématiquement l’objet d’un défèrement et constitueront un passeport pour la maison d’arrêt
», appuie Philippe Peyroux, procureur de la République de Béthune.

L’Euro sera bleu, c’est déjà acquis. Et si ce n’est pas des maillots de l’équipe de France, ce sera des uniformes des forces de l’ordre.

Rabat-joie

Hier, le préfet a parlé de «
fête extraordinaire
». Youpi. Mais d’ajouter : «
Pour que la fête demeure la fête, elle doit se vivre dans la sécurité.
» Et hop, pendant une heure et demie, trois mots d’ordre : sécurité, sécurité et sécurité. On a bien surpris quelques interlocuteurs rappelant que l’Euro, c’est «
d’abord une fête
». Mais ils s’excusaient presque de devoir le préciser de cette manière un tantinet poussive. Nous n’avons jamais connu pareille ambiance à trois jours d’un tel rendez-vous planétaire et a priori réjouissant. Une fois le coup de sifflet inaugural donné, on peut imaginer que la fièvre balaiera les tourments. Mais pour l’heure, l’enthousiasme est un peu douché, et pas par les orages. Rabat-joie, nos autorités Non. Si elles n’avaient pas tenu ce discours hier, nous le leur aurions sans doute reproché’ C. C.

Trois dates sous haute surveillance

Dimanche 12 juin : l’Allemagne au menu. C’est le premier match à investir le stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d’Ascq (21 h). Côté pile, l’Allemagne rencontre l’Ukraine, en présence de Daniel Nivel, le gendarme gravement blessé à Lens par des hooligans allemands lors du Mondial 98 (invité par la fédération allemande). Côté face, il y a justement’ les supporters d’outre-Rhin. Concrètement, des milliers d’entre eux vont arpenter le centre de Lille ou la fan zone avant de se diriger, en voiture, en métro ou à pied, vers le Grand Stade. Attention danger.

Jeudi 16 juin : match ultrasensible. Les spécialistes (de football et de sécurité) estiment unanimement que la rencontre entre l’Angleterre et le pays de Galles à Lens (15 h) est celle de tous les dangers, au nom d’une certaine tradition de hooliganisme. Lens sera sous surveillance, mais ce sont également les problématiques de transports qui tracassent les autorités. Des dizaines de milliers de Britanniques, pas toujours copains, vont converger vers le Pas-de-Calais, via Calais, via Dunkerque, via Lille’ Beaucoup n’auront pas de billet. Aïe !

Vendredi 1er juillet : débauche d’événements ! Ce jour-là, le stade Mauroy de Villeneuve-d’Ascq accueille un quart de finale. La fan zone lilloise sera bouillante. Mais ce jour-là, c’est le premier jour du Main Square Festival d’Arras. Et aussi le premier jour des commémorations du centenaire des batailles de la Somme qui concernent le sud du Pas-de-Calais. Et c’est enfin le premier jour de la grande transhumance estivale nord-sud qui traverse notre région. «
De loin la journée la plus difficile
», tranche le préfet de région Michel Lalande.
C. C.

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