Quatre morts après l’explosion de plusieurs bombes en Thaïlande

Quatre morts après l'explosion de plusieurs bombes en Thaïlande

Quatre personnes ont été tuées dans l’explosion de plusieurs bombes, dans la soirée du jeudi 11 et la matinée du vendredi 12 août en Thaïlande, notamment dans les stations balnéaires touristiques de Hua Hin et Phuket. Le chef de la junte militaire au pouvoir, le général Prayuth Chan-oha, a aussitôt dénoncé une volonté de « semer le chaos ». Aucune des attaques n’a pour l’heure été revendiquée.

Lieux touristiques

Hua Hin est la plus touchée, avec un double attentat jeudi soir ayant fait un mort et 21 blessés, dont neuf touristes étrangers. Deux bombes ont explosé à trente minutes d’intervalle et à cinquante mètres de distance dans une zone proche de la plage où se situent de nombreux bars et restaurants. Vendredi matin, un nouveau double attentat, dans le même quartier touristique, a provoqué la mort d’une deuxième personne, causant la terreur dans la cité balnéaire.

Le lieu est prisé des touristes, mais aussi des locaux. Ils étaient nombreux jeudi soir, au début d’un long week-end férié, à l’occasion de l’anniversaire de la reine de Thaïlande, vendredi. La résidence d’été de la famille royale se trouve d’ailleurs à Hua Hin.

Dans la ville de Surat Thani, à 400 kilomètres plus au sud, c’est une employée municipale qui a été tuée par l’explosion d’une bombe vendredi matin.

A Phuket, la plus célèbre station balnéaire de Thaïlande, seul un blessé léger est à déplorer après un double attentat survenu vendredi matin. Le lieu choisi est symbolique : une des plages les plus touristiques du pays.

Jeudi, un Thaïlandais a également trouvé la mort dans l’explosion d’une bombe sur un marché de Trang, dans le sud du pays.

Pas de lien formel établi

Aucun de ses attentats n’a pour l’heure été revendiqué, ce qui n’est pas inhabituel en Thaïlande, où les conflits commerciaux et politiques se règlent souvent par des jets de grenades et autres engins explosifs.

« Ce n’est pas une attaque terroriste. C’est juste du sabotage local », a assuré le porte-parole de la police locale Piyapan Pingmuang lors d’une conférence de presse à Bangkok. Il n’a pour l’heure privilégié aucune piste, comme une possible vengeance politique, dans un climat de forte répression des libertés depuis le coup d’Etat de 2014. Il a seulement exclu que ce soit le fait des séparatistes musulmans de l’extrême sud du pays

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Il a précisé vendredi qu’à ce stade des investigations, les enquêteurs n’avaient pas établi de lien formel entre les différentes explosions.

Carnage en août 2015

Le dernier attentat d’ampleur dans le pays remonte à août 2015, quand vingt personnes, dont de nombreux touristes chinois, avaient été tuées dans l’explosion d’une bombe en plein Bangkok. Aucune revendication n’a cependant été faite. La piste d’une attaque par un groupe lié à la minorité musulmane ouïgoure de Chine est privilégiée. Le procès des deux principaux suspects doit débuter le 23 août à Bangkok.

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La seule région habituellement touchée par les explosions de bombes artisanales est l’extrême sud du pays, à la frontière malaisienne. Une insurrection de musulmans indépendantistes y a fait des milliers de morts depuis une dizaine d’années. Les attaques y sont fréquentes, visant notamment les militaires. Mais jusqu’ici, ces derniers n’ont pas revendiqué d’attentats en dehors de leur région.

La Thaïlande, qui accueille chaque année des millions de touristes, compte sur les 32 millions de visiteurs en 2016 pour redresser une économie atone.

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