Natation handisport , le Nordiste Axel Allétru injustement privé de JO

Natation handisport , le Nordiste Axel Allétru injustement privé de JO

Sa médaille de bronze obtenu sur cent mètres nage libre lors des derniers championnats de France, organisés en même temps que les valides, à Montpellier, n’atténue pas l’amertume. Loin des minima olympiques, Axel Allétru n’ira pas à Rio, même si au fond de lui il rêve encore d’un repêchage. Car le nageur nordiste s’estime lésé par la classification de son handicap. Paraplégique, il doit s’aligner face à des concurrents qui peuvent utiliser leurs jambes. «
Le problème me suit depuis 2014, lors des championnats d’Europe, lorsque les instances internationales décidèrent de changer ma classification. Depuis, je ne lutte plus à armes égales.
»

Consciente du problème, la Fédération française avait bien porté réclamation, mais la classification a été confirmée par les instances internationales. «
Dans le champ paralympique, les classifications sont aussi déterminantes que les pesées dans des sports tels que le judo ou la boxe. Axel se retrouve dans la limite basse d’une catégorie, au sein de laquelle, même avec la meilleure volonté du monde, il n’a que très peu de chance de faire les minima
», explique Pierrick Giraudeau, DTN adjoint chargé du haut niveau à la Fédération française handisport (FFH).

« Je suis tellement éc’urée »

Ce dernier lâche un constat sans appel.«
Nous ne pouvons malheureusement plus rien faire pour Axel, hormis lui conseiller de s’orienter vers une discipline dans laquelle il sera mieux armé pour viser un projet olympique, comme des courses d’endurance en eau libre, le triathlon ou encore le canoë.
»

Kiné à la clinique de l’Espoir et entraîneur de la section handisports du club de natation de Ronchin, son coach, Anne Ryckelynck, qui le suit depuis son accident de moto-cross, en 2010, n’hésite pas à parler «
d’injustice
». «
Je suis tellement éc’urée que j’envisage de stopper toutes mes activités dans le handisport. Quand Axel fait une course, c’est comme si on opposait un enfant de huit ans à d’autres de 14 ans. Ne pas aller aux Jeux parce qu’on s’est loupé, on comprendrait, mais, là, ça nous dépasse.
»

L’histoire d’un rêve olympique

La jeune femme n’hésite pas à mettre en doute la valeur des tests subis par son protégé. «
Sur le papier, au niveau médical, Axel devrait nager dans la catégorie qui était la sienne lorsqu’il a commencé la natation après son accident de moto. Mais il a développé de telles stratégies pour utiliser tout ce qui lui reste de potentiel musculaire que cela a joué contre lui lors des tests effectués dans l’eau.
»

Un comble pour un jeune homme qui a toujours abordé son handicap comme un défi, à commencer par celui de pouvoir se mettre debout, et ce malgré sa paraplégie. «
Je me réveillais la nuit pour bosser, c’était plus que haut du niveau, c’était le challenge de ma vie
», expliquait-il, tout juste un an après son accident, déjà guidé par son rêve olympique. Six ans et des milliers d’heures d’entraînement plus tard, la flamme parviendra-t-elle à briller encore

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