La voiture des Français loin des modèles prestigieux du Mondial de l’auto

La voiture des Français loin des modèles prestigieux du Mondial de l'auto

Les Français continuent à acheter des voitures, mais le parc automobile est constitué de véhicules bas de gamme et vieillissants.

Le Monde
| 03.10.2016 à 17h48
Mis à jour le
03.10.2016 à 18h10
|

Par Anne-Aël Durand

« Le rapport des Français avec la voiture est magique », l’automobile « fait de nouveau rêver ». Ce n’est pas un constructeur automobile qui l’affirme, mais le premier ministre, Manuel Valls, en visite au Mondial de l’automobile, qui se tient jusqu’au 16 octobre, à Paris.

Si la « grand-messe » de la voiture attire toujours les foules tous les deux ans (1,25 million de visiteurs en 2014), l’écart se creuse entre les nouveautés prestigieuses admirées au salon Mercedes Maybach, Ferrari Aperta, Tesla Model X et les voitures qu’achètent vraiment les Français Renault Clio, Peugeot 308′

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Voici dix graphiques qui montrent que les images luxueuses des véhicules flambant neufs, aux motorisations à la fois puissantes et écologiques, sont loin de correspondre à la voiture de M. Tout-le-monde, qui est plutôt diesel.

L’hybride et l’électrique restent anecdotiques

Les constructeurs présents au Mondial de l’automobile insistent sur leurs innovations en termes de motorisations écologiques. Mais malgré les primes accordées par le gouvernement, les voitures hybrides essence ou diesel ne représentent que 3 % des véhicules neufs vendus aux particuliers en 2015 (et 0,7 % du parc existant) et les voitures électriques seulement 0,9 % des nouvelles immatriculations.

La tendance la plus notable de ces dernières années est la désaffection pour les motorisations diesel, notamment à la suite des scandales sur leurs niveaux d’émissions et en raison des nouvelles normes antipollution. Les voitures fonctionnant au gazole représentent toutefois encore 59 % des ventes en 2015 et 68 % du parc existant.

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La berline n’est plus hégémonique

Jusqu’à la fin du XXe siècle, les Français ne juraient que par les berlines, véhicules de moyenne et haut de gamme à la ligne classique (quatre portes, toit fixe, silhouette allongée) qui représentaient 93 % des ventes en 1990. Mais cette suprématie a été remise en cause d’abord par l’arrivée de voitures aux formes moins effilées et au profil plus utilitaires : breaks, mais surtout monospaces dans les années 2000, suivis des véhicules « tout terrain » 4 × 4 et Sport utility vehicle (SUV) qui représentent désormais 25 % des ventes

Le haut de gamme en perte de vitesse

Dans un marché automobile en perte progressive de vitesse depuis vingt-cinq ans (1,9 million d’immatriculations neuves en 2015 contre 2,3 millions en 1990), le recul des voitures haut de gamme est particulièrement net. Elles ne représentent que 5,4 % des ventes, contre 11,1 % en 1990. Les Français se sont tournés massivement vers les modèles plus petits ou de gamme moyenne.

Trois voitures sur quatre sont vendues d’occasion

Pour les Français, s’acheter une nouvelle voiture n’est plus synonyme d’investir dans une voiture neuve. Le marché de la revente tourne à plein régime : pour un véhicule acheté à la sortie d’usine en 2015, presque trois seront acquises d’occasion, contre deux seulement en 1990.

Les véhicules sont toujours plus âgés

Au fil des reventes d’occasion, les consommateurs se retrouvent au volant de véhicules toujours plus vieux : l’âge moyen d’une voiture est passé de 5,8 ans en 1990 à 8,9 ans en 2015. Corollaire logique, le kilométrage moyen ne cesse d’augmenter, selon l’enquête annuelle parc auto de TNS-Sofres.

Les Français rognent sur le budget auto

Comme le montrent les volumes de vente en baisse, les Français semblent limiter depuis plusieurs années leurs dépenses liées à l’automobile, qui sont passées de 11 % à 8 % de leur budget. Selon les enquêtes de l’Insee sur la consommation des ménages, certains postes semblent immuables : assurance, stationnement, frais liés à l’entretien’ Les consommateurs réduisent donc les frais liés à l’achat du véhicule.

En comparant les montants consacrés à l’acquisition des véhicules avec le nombre d’immatriculations, on peut calculer qu’en moyenne, les Français dépensent :

4 880 euros pour une voiture d’occasion ;13 150 euros pour une voiture neuve.

Pourtant, toujours plus de jeunes

Moins d’achat neuf, des véhicules moins chics’ la voiture serait-elle en perte de vitesse en France ‘ Les chiffres disent pourtant le contraire. Plus de quatre foyers sur cinq (82,9 % en 2015) sont « motorisés », c’est-à-dire qu’ils disposent d’une voiture, soit quatre points de plus qu’en 1990. La plus forte progression concerne les plus jeunes, dont le taux de motorisation a grimpé de près de 50 % sur cette même période.

Bientôt deux voire trois voitures dans chaque foyer ‘

Interrogés sur leur rapport à la voiture, les Français sont 72 % à l’utiliser « tous les jours ou presque », et 52 % pour « le trajet domicile-travail », selon TNS-Sofres. Dans des ménages composés de plusieurs actifs, il n’est plus rare d’avoir non pas une mais plusieurs voitures. Le nombre de foyers disposant de deux véhicules a doublé depuis 1990, passant de 15 % à 29 %.

La carte de France montre que l’équipement des foyers en voitures est inversement proportionnel à la densité de population et au regroupement urbain. Le taux de motorisation est sans surprise beaucoup plus faible à Paris (37 %), mais aussi autour de Lyon et des départements du Nord-Est.

Ce décalage est encore plus notable lorsqu’on étudie la proportion de ménages disposant de deux voitures ou plus.

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