En attendant la Palme d’or quelques prix déjà décernés à Cannes

En attendant la Palme d'or quelques prix déjà décernés à Cannes

Le prix Un certain regard à The Happiest Day in the Life of Olli Mäki, du Finlandais Juho Kuosmanen

Un certain regard est l’une des sections de la sélection officielle du Festival de Cannes, aux côtés de la compétition, des films hors compétition, des séances spéciales et de minuit, de Cannes Classics, de la Cinéfondation et des courts-métrages. L’édition 2016 a proposé dans sa compétition dix-huit films venus de vingt pays différents, sept d’entre eux étant des premiers longs-métrages. Présidé par Marthe Keller (actrice, Suisse), le jury était composé de Jessica Hausner (réalisatrice et productrice, Autriche), Diego Luna (acteur, réalisateur et producteur, Mexique), Ruben Östlund (réalisateur, Suède) et Céline Sallette (actrice, France). Dans un communiqué, ce jury s’est « trouvé très honoré et heureux d’être chargé de cette délicate mission étant donné le niveau de la sélection 2016. Chaque film étant, en effet, riche en découvertes de cinéma et ouvertures sur le monde autour des thèmes de la famille, de la politique et des différences culturelles ». Le film lauréat est le premier long-métrage de Juho Kuosmanen, 36 ans. En noir et blanc, il raconte l’histoire d’un prétendant au titre de champion du monde poids plume de boxe, au début des années 1960.

Quatre autres prix ont été décernés dans cette section : le prix du jury à Fuchi ni tatsu (Harmonium), du Japonais Koji Fukada ; le prix de la mise en scène à l’Américain Matt Ross pour Captain Fantastic ; le prix du meilleur scénario aux Françaises Delphine et Muriel Coulin pour Voir du pays (The Stopover) et un prix spécial Un certain regard à La Tortue rouge (The Red Turtle), du Néerlandais Michaël Dudok de Wit.

Le premier prix de la Cinéfondation et des courts-métrages à Anna, de l’Israélien Or Sinai (The Sam Spiegel Film & TV School)

La sélection 2016 de la Cinéfondation, pépinière de talents du Festival de Cannes, comprenait dix-huit films d’étudiants en cinéma, choisis parmi 2 350 candidats en provenance de 548 écoles dans le monde. Le jury était présidé par la réalisatrice japonaise Naomi Kawase et composé de Marie-Josée Croze, Jean-Marie Larrieu, Radu Muntean et Santiago Loza. Le deuxième prix est allé à Hamid Ahmadi (The London Film School, Royaume-Uni) pour In the Hills. Nadja Andrasev Moholy-Nagy (University of Art and Design, Hongrie) et Michael Labarca (Universidad de Los Andes, Venezuela) ont décroché ex aequo le troisième prix pour A Nyalintas nesze et La Culpa, probablemente. Le Festival de Cannes et la Cinéfondation allouent chacun une dotation de 7 500 à 15 000 euros pour les lauréats. Le lauréat du premier prix a également l’assurance que son premier long-métrage sera présenté à Cannes.

La Fédération internationale de la presse cinématographique (Fipresci) a décerné, samedi, ses prix répartis en fonction des différentes sections du Festival. Pour la compétition, l’Allemande Maren Ade a été récompensée pour sa comédie largement plébiscitée par les festivaliers. Pour la section Un certain regard, le prix a été décerné est à Dogs (Câini), du Roumain Bogdan Mirica. Enfin, pour les sections parallèles, Grave (Raw), de la Française Julia Ducournau (Semaine de la critique) a été distingué.

Le Grand Prix Nespresso de la Semaine de la critique à Mimosas, de l’Espagnol Oliver Laxe

Cette section parallèle du Festival de Cannes, créée en 1962, se consacre à la découverte de nouveaux talents. Elle ne présente que des premiers ou deuxièmes films. Mimosas conte un voyage mystique dans les montagnes de l’Atlas au Maroc. Le dernier voyage d’un cheikh qui veut retourner dans son village natal pour mourir. Il s’agit du deuxième film d’Oliver Laxe, qui avait présenté en 2010 à la Quinzaine des réalisateurs, Vous êtes tous des capitaines, l’histoire d’un cinéaste qui tourne un film avec des enfants d’un centre social à Tanger.

Le jury de la Semaine de la critique, présidé cette année par l’actrice et réalisatrice française Valérie Donzelli (La guerre est déclarée), regroupait Alice Winocour, Nadav Lapid, David Robert Mitchell et Santiago Mitre. Il a décerné deux autres prix : le prix Révélation France 4 à Albüm, du Turc Mehmet Can Mertoglu et le prix Découverte Leica Cine du court-métrage à Prenjak, de l’Indonésien Wregas Bhanuteja.

La Quinzaine des réalisateurs est une section parallèle non compétitive, mais certains partenaires remettent des prix lors de la cérémonie de clôture. Le film posthume de la réalisatrice américano-islandaise, morte en août 2015, avec Florence Loiret-Caille et Samir Guesmi, a été très applaudi lors de sa projection officielle, mardi 17 mai. Une mention spéciale a été décernée à Divines, premier long-métrage de la Franco-Marocaine Houda Benyamina. Les films Mercenaire, du Français Sacha Wolff, et Wolf and Sheep, de l’Afghane Shahrbanoo Sadat ont reçu respectivement le Label Europa Cinemas et l’Art Cinema Award. Enfin, du côté des courts-métrages, le prix Illy du court-métrage a été remis à Chasse royale, des Françaises Lise Akoka et Romane Gueret et une mention spéciale à Zvir (The Beast), du Croate Miroslav Sikavica.

Lire le bilan :
 

Les sections parallèles tiennent leur rang

« Dans les non-dits, les clameurs et les regards, se loge l’histoire d’une famille où l’on tait l’amour que l’on se porte, où l’on crie pour ne pas révéler l’essentiel », a estimé le jury. Deux mentions spéciales ont été décernées à American Honey, de la Britannique Andrea Arnold, et à Moi, Daniel Blake, du Britannique Ken Loach. Chaque année à Cannes, ce jury créé par l’Association catholique mondiale pour la communication et l’Organisation protestante internationale du cinéma, distingue des uvres « aux qualités humaines qui touchent à la dimension spirituelle de l’existence ».

Ce prix annuel, du nom du grand reporteur disparu en 1996, distingue une uvre cinématographique « traduisant au mieux la réalité de notre monde ». « Le Disciple se passe en Russie mais nous concerne tous. Pris d’une crise mystique, un étudiant s’enivre de la parole biblique pour contester l’enseignement qu’on lui prodigue. C’est un film audacieux, courageux, dérangeant et explosif », a souligné le jury du prix présidé par le réalisateur américain Bob Swaim (César du meilleur film pour 1982 pour La Balance).

L »il d’or, prix du documentaire à Cinema novo, du Brésilien Eryk Rocha (Cannes Classics)

Ce prix du documentaire a été créé par la Scam (Société civile des auteurs multimédias), en partenariat avec le Festival de Cannes et l’INA (Institut national de l’audiovisuel). « Ce film est un film-manifeste sur la pertinence aujourd’hui d’un mouvement cinématographique presque oublié des années 1960, le cinéma novo brésilien », a souligné le jury présidé cette année par le réalisateur italien Gianfranco Rosi. Une mention spéciale distingue les Indiens Shirley Abraham et Amit Madheshiya pour The Cinema Travelers (Inde), également présenté dans la section Cannes Classics.

Troisième personnage du film aux côtés des acteurs Adam Driver et Golshifteh Farahani, le bouledogue anglais mort il y a quelques mois a convaincu le jury composé de critiques de cinéma anglo-saxons par ses mimiques particulièrement expressives. « Le chien était très doué pour l’improvisation. En fait, c’est une chienne et elle a été brillante pour écrire son propre texte », a plaisanté Jim Jarmusch, lors de la conférence de presse de son film. C’est une doublure qui a posé pour les photographes et reçu la Palm Dog en lieu et place de Nellie, qui s’appelle Marvin dans le film. Un prix spécial du jury a été attribué à un dalmatien, répondant au nom de Jack, témoin d’un procès dans Victoria, de Justine Triet (Semaine de la critique), avec Virginie Efira dans le rôle-titre.

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